Les 4 familles de systèmes de combat |
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Les arts martiaux traditionnels dérivent d'anciens systèmes guerriers, qui ont été transformés pour pouvoir être enseignés durant les périodes de paix. Les sports de combat dérivent d'arts martiaux traditionnels, qui ont été adaptés pour pouvoir être utilisés dans le cadre de compétitions et de tournois. Existence de cadres, de règlements et de rituels, autour desquels s'articulent des duels codifiés et librement consentis n'engageant les participants ni moralement, ni légalement. Les rencontres sont conçues autour d'un principe d'équité, et se déroulent à poids égal, à force égale, à nombre égal, à armes égales, et à technique égale. En somme pendant le duel, les participants se retrouvent fondamentalement face à quelqu'un qui fait la même chose qu'eux. Utilisation de progressions pédagogiques étalées sur plusieurs années, avec une tendance à l'escalade technique constante (contexte dans lequel le meilleur technicien du geste domine), qui va de pair avec une excellente condition athlétique et nerveuse (force, souplesse, vitesse, résistance et endurance). Présence éventuelle de combinaisons techniques chorégraphies codifiées (Katas japonais, Taos chinois, Jurus indonésiens, etc). Présence fréquente d'armes médiévales et d'instruments agraires (lances, sabres, fléaux, fauchards, masses etc). Action défensive et action offensive simultanées, avec échange symétrique. |
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Systèmes comportant un amalgame de tactiques défensives et de techniques d'arrestation, destinées à protéger l'officier, et à contenir la violence du contrevenant hostile (palpations, entravements, immobilisations). Existence d'échelles de lecture, définissant le niveau de force à utiliser en fonction des circonstances (pour faciliter l'application de l'article 9 du code déontologique de la Police). Engagement de la responsabilité pénale du fonctionnaire de sécurité dans les cas de débordement de la force nécessaire sur le suspect, qui est placé sous la responsabilité des forces de police dès son arrestation (article 10 du code de déontologie de la Police). Utilisation prépondérante d'armes contondantes non-léthales à bord mousse (bâton télescopique, bâton tonfa) et incapacitantes non-létales (gaz paralysants, décharges électriques, projectiles en caoutchouc, eau sous pression). Définition d'une cartographie de zones anatomiques d'impact, choisies pour ne pas mutiler ni tuer le suspect. Distribution des rôles limpide, et existence de "règles d'engagement" facilitant la prise de décision concernant l'utilisation de la force physique. Absence complète de doute quant au bien-fondé de l'action par le représentant des forces de l'ordre, dans la mesure où il est illégal pour le citoyen de s'opposer à cette action (ce qui procure l'unité de l'esprit au moment de la prise de décision par l'officier de Police). La notion d'attaque "injustifiée" de l'article 122-5 du code pénal fait allusion à ce point, qui constitue une clause d'exclusion de la légitime défense : aucun citoyen n'a le droit de se considérer comme victime d'une "atteinte injustifiée", lors d'une action des forces de l'ordre à son encontre (la coopération est une obligation légale). Action défensive prédominante sur l'action offensive, mais contrebalancée par l'équipement, par le nombre, et par l'entraînement des "défenseurs", créant un environnement tactiquement asymétrique en faveur des "pros". |
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Les systèmes de combat rapproché militaires sont le prolongement à l'échelon individuel des logiques de la guerre conventionnelle, avec des objectifs connus sans ambiguïté, un ennemi parfaitement identifié et un engagement personnel dans l'action qui est total et non-négociable. Un résultat radical et expéditif est attendu : il n'y a aucun choix individuel, la décision étant déjà prise à l'avance par d'autres, via la chaîne de commandement, et aucune restriction morale ou légale (le but avoué est de mutiler gravement ou de tuer l'ennemi). Existence d'un mécanisme de déresponsabilisation réciproque, permettant une prescription implacable de la force (ceux qui décident ne tuent pas, et ceux qui tuent obéissent aux ordres). L'utilisation d'une arme est toujours recherchée pour se donner un avantage tactique. Il peut s'agir soit d'armes létales conçues comme telles (poignards conventionnels ou poignards spéciaux, dagues, baïonnettes, câbles d'acier), soit d'outils utilisés en armes par destination pour tuer (pelles, hachettes, serpes, couteaux de camp). Les armements modernes ayant considérablement augmenté la distance d'engagement des belligérants, l'engagement au corps à corps est actuellement considéré comme extrêmement improbable pour le fantassin moyen. Si on exclut le cas particulier d'unités spécialisées (de type commandos), le combat à mains nues est toujours une "dernière ressource". Son enseignement moderne a davantage comme objectif de développer la combativité et la confiance en soi du soldat au cours de sa préparation. Les systèmes de combat militaires sont conçus pour être simples et faciles à assimiler, sous la double contrainte suivante : les unités opérationnelles militaires n'ont que peu de temps pour se former, et les techniques doivent être applicables même par un soldat épuisé, encombré par son équipement, ou sous l'effet d'un stress extrême. Cela réduit considérablement l'éventail des techniques utilisables. Action offensive prédominante sur l'action défensive, avec assaut complètement asymétrique (attaque par derrière, par surprise, en embuscade, ou avec une arme plus vulnérante). |
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L'enseignement de la "self-défense" civile est généralement dérivé des Arts Martiaux Traditionnels, plus rarement tiré de systèmes policiers (self-défense pro), plus rarement encore des systèmes militaires (close-combat). Le souci permanent de ne pas tomber dans l'excès de force conduit, encore actuellement, les cursus destinés aux civils à insister lourdement sur l'utilisation des clés articulaires et de techniques de soumission (qui deviennent presque la "marque de fabrique" d'une méthode de self-défense "politiquement correcte"). Cette tendance les rapproche techniquement des systèmes policiers et pénitentiaires. Théoriquement seul "l'agresseur" est armé (puisque dans une société où le port des armes est prohibé par la loi, seuls les hors-la-loi sont armés). Evolution des protagonistes au sein d'un cadre légal, où chacun devra répondre de la pertinence de ses décisions et de ses actes (notion de légitime défense). Implication personnelle dans l'événement violent, ceci sur la base d'un pied d'égalité légale des antagonistes (violence entre deux citoyens). L'objectif stratégique fondamental du défenseur est simple : ne pas être blessé par la violence. Son application pratique l'est beaucoup moins. Action défensive théoriquement simultanée à l'action offensive (comme dans le cas des systèmes sportifs), à la différence près que la certitude de l'imminence de l'attaque n'est pas forcément apparente au moment d'une agression. Ce détail tactique rend pratiquement impossible, sur le terrain, la simultanéité de la défense avec l'attaque, et pose un très gros problème pour rester dans le cadre strict de la Loi.
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