Comparaison entre Arts Martiaux et Combat de rue |
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| Cadre des Arts martiaux | Cadre du combat de rue (de survie) | ||
1 Environnement régulé. Salle d'entraînement climatisée (température et humidité constantes), éclairage artificiel, sol horizontal, régulier, non-glissant et non-abrasif (ring, tatami, tapis en mousse, plancher). |
1 Environnement réel. Bitume, flaques d'eau, et la plupart des agressions se produisent en luminosité réduite (bars, night clubs, de nuit...). |
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2 Tenue vestimentaire régulée. La tenue permet de faire des mouvements amples, tout en étant très tenace mécaniquement (tissus élastiques, satinés, cotons lourds etc...). Travail pieds nus, ou en chaussures de sport légères. |
2 Tenue vestimentaire du monde réel.
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3 Comportement régulé. Un code de conduite est partagé d'un commun accord. Il est construit sur le principe de la courtoisie, du respect de l'autre, et s'articule autour d'un éventail de gestes techniques conventionnels, précis et formalisés. |
3 Agression : Insultes, menaces, escalade de violence, climat émotionnel exacerbé, présence d'alcool, de fumée, de témoins, de cris etc.... |
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4 Recherche sur la perfection de la forme. Recherche de l'exactitude technique du geste. La perfection (forme pure) est supposée conduire à l'efficacité ultime (soit dans le geste unitaire, soit sous forme d'enchaînements stylisés (Katas, Taos, Jurus ...)). Dans cette logique, l'inefficacité ne peut résulter que d'une "mauvaise exécution technique". |
4 Recherche de l'efficacité pure. Le mouvement de combat est sélectionné pour sa capacité intrinsèquement dangereuse. Sa forme d'exécution n'est qu'un sous-produit de l'objectif à atteindre (la blessure, l'incapacitation, la mutilation, l'étourdissement). Consécutivement, la forme est rarement élégante, jamais alambiquée ni fleurie. |
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5 Spécialisation sur un aspect particulier du combat. Certains styles n'emploient que les coups, d'autres que les saisies, d'autres que les clés articulaires, d'autres un seul type d'arme, et ainsi de suite.
6 Spécialisation sur une distance particulière d' engagement. La plupart des styles se cantonnent à une, ou au maximum deux distances de combat (sur les 5 existantes). |
5 & 6 La distance pieds/poings, qui est ultra - prépondérante dans tous les sports "de contact" est aussi la plus dangereuse dans la rue : elle donne un handicap face à tout ennemi plus grand et plus lourd, et pas forcément l'avantage sur un ennemi de gabarit équivalent. Il peut arriver à peu près tout et n'importe quoi dans la rue (quoique certains types d'assauts soient plus fréquents que d'autres). Le risque de finir par terre est relativement important, par saisie mutuelle et déséquilibre des belligérants. La majorité des clés articulaires traditionnelles ne marche pas sur quelqu'un de surexcité et qui ne se laisse pas faire... |
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7 Les méthodes d'attaque sont codifiées, limitées en nombre possible, et donc connues d'avance par référence au "catalogue" des attaques du style. Le défenseur qui atteint un certain niveau technique ne peut donc plus, à proprement parler, être "surpris". |
7 L'attaque est inattendue, explosive et destructrice. Elle est entièrement construite sur une logique d'embuscade, de prise de vitesse et d'écrasement. |
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8 Présence de nombreux mouvements à caractère acrobatique. Leur enseignement repose sur des motivations et des origines variées, mais ils apportent toujours un côté spectaculaire à la pratique, et sont une sorte de démonstration de la maîtrise technique. Au cinéma, l'artiste martial exécutera par exemple systématiquement des coups de pieds hauts, qui permettront au spectateur de l'identifier facilement comme un expert du combat. |
8 Utilisation de mouvements basiques. Seuls les mouvements qui transmettent le plus de puissance sont utilisés, pour de simples raisons de rendement. L'énergie mécanique est à transférer à l'ennemi, et non pas à dilapider dans l'exécution de trajectoires complexes et incertaines. |
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9 Les méthodes de défense sont construites sur une base stimulus / réponse (mémoire musculaire). Dans la mesure où toutes les attaques possibles sont connues d'avance, l'arsenal défensif devient une liste de mouvements codifiés, construits sur la motricité fine et sur la motricité complexe. |
9 L'embuscade vise à traverser la défense. Les gestes défensifs qui apparaîtront les premiers (c'est-à-dire LA DEFENSE !!!) seront des mouvements protectifs réflexes de motricité lourde, avec élévation des avants-bras au niveau de la tête (ou projection des mains en avant), tandis que la tête rentre dans les épaules pour éviter le choc. |
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10 Le défenseur contrôle l'espace, et peut le gérer. Ce paramètre est fixé sans même y penser par l'adoption mutuelle d'une position de garde conventionnelle , qui établit une distance minimale possible à contrôler. |
10 Le défenseur contrôle très mal l'espace, ou pas du tout. L'assaillant utilise le dialogue agressif pour rompre la distance conventionnelle de conversation (longueur d'un bras tendu en Europe Occidentale), et se place à distance d'embuscade. L'agresseur comprime intempestivement l'espace par la ruse et la manipulation du comportement, afin de se positionner pour un assaut "dans ta face" (coup de tête, crochet à la mâchoire, saisie au col etc...). |
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11 Tradition au sens "Art Martial". Les Arts Martiaux Traditionnels perpétuent par réplication, génération après génération, un ensemble de gestes déterminés et catalogués appartenant au style. Ces techniques sont ancestrales, et furent développées en d'autres lieux, en d'autres époques, et dans un contexte totalement différent des villes occidentales du 21 ième siècle. Guerrières et dynamiques par nature au départ, elles furent peu à peu "aseptisées" et se figèrent finalement (passage dans un état statique) pour perdurer au travers d'époques de paix durant lesquelles la compétence au combat rapproché ne faisait plus partie des impératifs quotidiens. |
11 Tradition au sens "Art de Guerre". Un étudiant qui se prépare au combat urbain rapproché perpétue paradoxalement la Voie du Guerrier.
Il "ne cherche pas à imiter le Maître, il cherche ce que le Maître a cherché"... (pensée de Kobo Daishi 774-835). |
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12 Atteinte théorique du "lien corps-esprit ". Ce lien est l' image de marque spirituelle, et l'objectif ultime des Arts Martiaux, mais il est rarement atteint. Dans 99% des cas, les années d'entraînement consistent à accumuler des techniques, sans vraiment sortir l'individu de ses zones de confort mental, de ses certitudes, et de ses schémas intérieurs. Ceci est un frein à tout travail sur soi-même, qui commence précisément par la remise en question des certitudes. De ce fait, bien souvent, en ce qui concerne le chemin intérieur réellement parcouru, l'étudiant avec 15 ans d'arts martiaux, possède en fait 1 an d'expérience technique empilée 15 fois. |
12 Atteinte presque certaine du Mushin. C'est à dire de l'état de vide intérieur et d'unité de l'esprit dans lesquels il n'y a plus aucun délai entre la pensée et l'action (Mushin en japonais). Contrairement à ce que l'on pourait penser, la méthodologie d'entraînement au combat urbain confronte l'étudiant au Chaos, ce qui l'amène spontanément, et relativement vite, à un état d'esprit assimilable aux concepts prônés par le Zen (présence dans l'instant), et par le Taoïsme (transformation). C'est d'ailleurs cet état intérieur d'unité, de présence, et de vacuité qui rend (entre autres choses) le prédateur aussi dangereux. |
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13 Tendance à la simplification. L'ennemi peut, et va, faire n'importe quoi... Dans ces conditions, on ne peut pas se permettre de chercher une solution dans un catalogue de 1000 réponses chorégraphiées. La situation impose de rester simple, rapide, et créatif dans l'instant (voir le point précédent).
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14 Apport d'un sentiment de sécurité à l'étudiant. L'esprit humain est rassuré par le cadre pédagogique linéaire et organisé de l'enseignement des arts martiaux. L'étudiant y éprouve une sensation de contrôle et de sécurité, confortée par le nombre des participants impliqués dans le cursus (plusieurs dizaines de milliers de licenciés dans certaines fédérations en France). "100'000 lemmings suicidaires ne peuvent pas avoir tort" (Loi de Murphy). |
14 Apport de la connaissance de la peur. Plus on étudie la violence, et plus on réalise que le problème est compliqué, et plus on réalise à quel point la violence est dangereuse. Le combat est violence. La violence est non-sécurité et non-contrôle. |
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