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Comparaison entre Compétition et Agression

 
Cadre d'une compétition
Cadre d'une agression
 

1 Equilibre des forces. Le cadre de la rencontre est un duel et une lutte athlétique. Elle se déroule à nombre égal (sauf au Catch, dans le cadre de mises en scènes orchestrées, où le partenaire monte sur scène sous la huée du public), à armes égales, et à poids équivalent, ce qui met a priori les deux participants sur un pied d'égalité.

1 Déséquilibre des forces. Il est obtenu soit par le nombre (attaque à 2:1, 3:1 ou 5:2), soit par l'utilisation d'armes, soit par le choix d'une victime offrant un important écart de taille, de poids, de force, ou de compétence en faveur de l'attaquant.

2 Vigilance et consentement mutuels. Les participants sont avertis, préparés et consentants sur ce qui est en train de se produire (la rencontre physique), et ont en outre la possibilité de se rétracter si ils le désirent.

2 Embuscade. Le contexte d' assaut n'est favorable qu'à l'agresseur qui détermine qui, où, quand et comment il attaque. La victime est coincée dans un piège comportemental construit de telle manière qu'il lui est extrêmement difficile de s'en extraire simplement.

3 Analogie des mouvements utilisés. Les compétitions sont organisées au sein du même Style de Combat (ou entre Styles proches, et sur la base de règles communes destinées à homogénéiser l'ensemble).


4 Codification des mouvements utilisés. La codification des mouvements conduit à une politique inflationniste concernant la technique pure. On en arrive à des " duels de subtilité " où l'avantage ne peut être pris que par le participant le plus technique / le plus entraîné (utilisation de stratégies complexes, de gardes élaborées, de déplacements incessants, et de feintes). Utilisation prépondérante des coups qui "donnent des points".

3 & 4 Mouvements aléatoires et chaotiques. Utilisation de techniques "de rue", et capitalisation de l'attaque sur l'élément de surprise pour prendre l'avantage dès le premier geste.

Poussées, saisies à bras le corps, coups de tête ("coup de boule"), coup de poing à la mâchoire etc... sont déployés le plus brutalement et le plus rapidement possible. C'est la foire d'empoigne au bout d'une demi seconde.

Il n'y a pas de garde subtile, pas de déplacement subtil, pas de feinte subtile, et pratiquement pas de " technique " au sens sportif du terme.

Utilisation prépondérante des "coups de pute".

5 Démarrage de l'assaut depuis une garde de combat .

5 Démarrage de l'assaut depuis le dialogue violent.

6 Utilisation de gestes non-vulnérants sur des cibles non-vulnérables. De très nombreux coups sont proscrits, parmi les plus efficaces, et de nombreuses cibles interdites, parmi les plus fragiles. Les échanges sont conçus pour ne pas être dangereux, et les méthodes de combat taillées sur mesure par rapport à cette contrainte.

6 L'attaque est destinée à blesser et / ou à mutiler.

7 Logique d'étalement de la rencontre dans le temps. La compétition doit durer un certain temps car c'est un événement à caractère sportif, et généralement associé à l'idée de spectacle. Ce qui conduit le compétiteur :

A raisonner en terme de dommages cumulatifs (il affaiblit l'adversaire round après round, ou tout au moins durant une certaine période de temps) au moyen de coups non-dangereux (si ils étaient vraiment dangereux, comment la compétition ferait pour durer aussi longtemps ?).

A penser qu'il "suffirait simplement de faire le même geste à fond pour que cela devienne mortel". Ce qui est très discutable.

7 Logique de compression de la durée de l'attaque. L'attaquant cherche une victime, pas un combat. Il va tout faire dès le premier geste pour submerger complètement son "client" sans lui donner la moindre chance de riposter.

Il faut accepter de gré ou de force le concept selon lequel il existe des "techniques non-dangereuses en soi" et des "techniques dangereuses en soi", et que cela ne dépend ni du nombre de fois qu'on administre la technique, ni de la force mise pour "faire marcher la technique", mais de la technique elle-même.

Les mouvements sportifs ne sont pas transposables de manière simple au combat rapproché urbain (l'assaut à mains nues dure typiquement moins de 10 secondes, l'assaut au couteau moins de 5 secondes).

8 La compétition et le sparring contiennent CERTAINS éléments de la violence urbaine, mais ne " préparent " pas à elle.

8 L'entraînement au duel peut finir par être contre-productif, voire dangereux, si il est considéré comme une fin en soi capable de se transposer à la rue.

 

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